BERLIN (Reuters) - L'inflation annuelle a ralenti contre toute attente en Allemagne en décembre et le taux de l'ensemble de 2015 est le plus faible jamais enregistré, ce qui contribue à accroître le pouvoir d'achat des ménages allemands dans un contexte de chômage faible et de progression des salaires.

La faiblesse de la hausse des prix dans la première économie d'Europe pourrait néanmoins accentuer les pressions sur la Banque centrale européenne (BCE), dont le nouvel assouplissement monétaire annoncé en décembre a déçu nombre d'observateurs.

L'indice des prix de détail harmonisé (IPCH) en Allemagne a augmenté de 0,2% en décembre en glissement annuel après +0,3% en novembre, a annoncé lundi l'Office fédéral de la statistique. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient +0,4%.

Ce résultat est très éloigné de l'objectif d'un taux d'inflation légèrement inférieur à 2% assigné à la BCE, qui a pourtant annoncé le mois dernier une amplification de son programme de rachats d'actifs pour injecter des liquidités dans l'économie.

Aux yeux de Jennifer McKeown, analyste chez Capital Economics, les données publiées lundi confirment que la relative vigueur de l'économie allemande ne crée aucune pression inflationniste et que "la BCE va devoir en faire davantage pour atteindre son objectif d'inflation".

Elles donnent aussi à penser, dit-elle, que les chiffres pour l'ensemble de la zone euro, attendus mardi, pourraient également décevoir les attentes.

Pour la zone euro, les économistes interrogés par Reuters s'attendent à une légère hausse du taux d'inflation en décembre, à 0,3% contre 0,2% en novembre.

Pour l'ensemble de 2015, le taux d'inflation annuel IPCH de l'Allemagne est tombé à 0,1%, au plus bas depuis 1995, année où l'Office a commencé à compiler cette statistique sous sa forme actuelle. En 2014, ce taux d'inflation était de 0,8%.

L'Office publiera la statistique d'inflation définitive le 19 janvier.

Malgré un niveau d'emploi record et des salaires en hausse, il faudra certainement attendre l'été prochain pour que le taux d'inflation repasse au-dessus de 1%, prédit Carsten Brzeski, analyste chez ING Bank.

"Tout cela signifie que les consommateurs allemands jouissent actuellement du meilleur des deux mondes : un marché du travail solide avec des hausses de salaire convenables et une inflation basse", déclare-t-il, en s'attendant à un effet stimulant pour la consommation des ménages.

En données non harmonisées, l'inflation annuelle allemande a reculé à 0,3% en 2015, un plus bas depuis 2009. Elle a aussi été de 0,3% en décembre.

Les statistiques fédérales montrent que le principal frein à l'inflation a encore été la chute des prix de l'énergie, même si leur contraction a été moins forte que le mois précédent. Les prix des produits alimentaires ont parallèlement baissé.

(Michael Nienaber, Wilfrid Exbrayat et Bertrand Boucey pour le service français)